« Je prends la parole pour répondre aux préoccupations de nos jeunes frères qui nous demandent de partager avec eux nos témoignages et nos expériences lors de notre passage au sein de la jeunesse, surtout durant les premières années.

Mais avant tout, permettez-moi de me présenter. Je suis M. DJAKOPO Thimotée, l’un des premiers présidents de la jeunesse. À ce titre, je voudrais remercier les initiateurs de cette rencontre qui ont souhaité nous écouter. Je tiens à les féliciter, car ils ont choisi le chemin de la sagesse. En effet, comme le dit l’adage : « C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle. »

Cette initiative est donc très louable, car elle permettra aux jeunes de regarder dans le passé pour y puiser ce qui peut améliorer ce qu’ils font aujourd’hui. Je les remercie très sincèrement, du fond du cœur.

Je ne peux pas commencer sans jeter un regard rétrospectif sur l’historique. Il ne s’agit pas ici de refaire toute l’histoire, mais plutôt de situer mon passage à la tête de la jeunesse. Si vous observez bien les choses, il y a d’abord eu les pères fondateurs. Quant à nous, nous sommes venus plus tard. Je ne dirai pas comme un cheveu dans la soupe, mais nous sommes arrivés à un moment donné, et chacun pourra apprécier le rôle que nous avons joué.

C’est l’occasion pour moi de remercier mes jeunes frères, les fondateurs de la jeunesse : M. KONDO Michel et feu Amavi TOGBUI  paix à son âme. Ce sont surtout eux deux qui sont venus me voir pour m’expliquer comment ils avaient créé la jeunesse et les difficultés qu’ils rencontraient. Ils m’ont demandé de venir les soutenir et éventuellement de prendre la direction. Je n’ai pas refusé, puisque ce sont mes jeunes frères qui m’ont fait confiance.

Avant cela, je dois dire que je n’aime pas beaucoup parler de moi. À cette époque, nous étions étudiants en fin de cycle et, avec mon ami Agbanyo, nous sommes venus à l’église pour la confirmation. À partir de ce moment, nous avons commencé à fréquenter régulièrement l’église et à participer aux activités de la paroisse. Je crois que c’est ainsi que nos jeunes frères nous ont remarqués.

J’ai donc accepté leur proposition et je leur ai demandé de rencontrer également M. Agbanyo. Ils l’ont fait et, ensemble, nous nous sommes mis au travail. La première tâche consistait à faire revivre la jeunesse, car elle existait déjà et organisait des activités avant de rencontrer des difficultés. La principale difficulté venait surtout de l’opposition du catéchiste Satchi qui, pourtant, avait encouragé la création de cette jeunesse au début. Mais lorsqu’il a constaté que la jeunesse prenait de l’ampleur par rapport au groupe qu’il avait lui-même organisé, Holy-Ghost, il a commencé à poser des problèmes. La situation est même remontée jusqu’au niveau du conseil paroissial.

Avec les jeunes, nous avons donc mené un combat pour que la jeunesse soit reconnue et que ses activités puissent effectivement reprendre. Dans ce travail, nous avons aussi approché M. Sedjro. Par la suite, d’autres aînés nous ont rejoints, notamment feu Gblegblewu, puis plus tard M. Atsou Anani, qui fait toujours partie du conseil paroissial.

Nous avons également tout fait pour intégrer les différentes commissions de la paroisse afin de pouvoir participer au conseil paroissial. Dans ces commissions, nous avons essayé d’assumer des responsabilités, ce qui nous permettait d’être automatiquement membres du conseil paroissial. Notre objectif était clair : pour pouvoir influencer les décisions du conseil paroissial, il fallait en être membre et participer aux prises de décision. C’est ce que nous avons fait.

Je crois que nous avons mené ce combat avec succès, et la jeunesse a finalement été acceptée et autorisée à reprendre ses activités. Puisque les jeunes m’avaient fait confiance, ils ont souhaité que je devienne président. Ce n’était pas une nomination directe : des élections ont été organisées, ils m’ont soutenu et nous avons mis en place un bureau avec des statuts.

C’est ainsi qu’en 1984, la jeunesse a connu une véritable organisation et que nous avons commencé nos activités de manière structurée.

En termes d’expériences et de témoignages, je dirai que la confiance que mes jeunes frères m’ont accordée m’a permis d’apprendre réellement à diriger. Certes, j’étais enseignant et même en allant à l’université, je continuais à enseigner mais la relation entre professeur et élève n’est pas la même que celle qui existe lorsqu’on est président d’une association ou d’un groupe.

Les membres de la jeunesse, même s’ils sont plus jeunes que nous, ne sont pas nos élèves. Et même lorsqu’ils sont effectivement élèves dans la vie scolaire, dans le groupe ils sont avant tout des membres ou des apprentis. Il s’agit donc d’une autre forme de direction, à la fois pratique et théorique.

Notre jeunesse étant membre de l’UCJG (Union Chrétienne des Jeunes Gens), nous suivions beaucoup de formations. Ces formations m’ont énormément aidé dans la gestion et la direction de la jeunesse. À cette époque, Michel, qui était secrétaire, était très dynamique. Entre-temps, j’ai trouvé du travail, ce qui rendait parfois ma présence plus difficile, mais lui était toujours là pour assurer la continuité. »